Accueil du site > LES ACTIONS > Les actions départementales > CINE LECTURE > 3.LES FILMS PROPOSES et LEUR EXPLOITATION PEDAGOGIQUE > LES PUISSANTS > LE FILM

LE FILM

description du scénario

JPEG

LES PUISSANTS (The Mighty)

(à partir de 9 ans)

1997 – 1 h 48

Comédie dramatique poignante signée Peter Chelsom et adaptée du roman de Peter Philbrick (spécialisé dans les romans pour enfant), ’The Mighty’ (Les puissants) est un très beau film narrant l’histoire d’une amitié puissante entre deux enfants qui vivent dans un monde imaginaire peuplé de chevaliers et de nobles quêtes.

Max Kane (Elden Henson) est un jeune garçon de treize ans aux proportions physiques disproportionnées pour son âge. A l’école, c’est un cancre incapable de réfléchir qui ne cesse de se faire chahuter par ses camarades tout en restant passif. Un jour, il fait par hasard la connaissance de Kevin Dillon (Kieran Culkin), le jeune fils de sa nouvelle voisine, Gwen (Sharon Stone). A l’inverse de Max, Kevin est un jeune garçon vif et brillant, un véritable ’Einstein’ passionné de science et de lecture, mais qui doit vivre avec un handicap physique, l’obligeant à porter un appareil orthopédique. Kevin va alors initier Max à la lecture et plus particulièrement à celle de la légende du roi Arthur. Les deux jeunes garçons, surnommés ’Frankenstein et Igor’ par les voyous du quartier, décident de s’unir et de former une imbattable alliance. Max porte alors Kevin sur ses épaules et, nourris des légendes des chevaliers de la Table-Ronde, les deux enfants décident d’accomplir de nobles missions et de venir en aide aux opprimés de leur ville, tout en combattant les méchants qui sévissent dans leur ’royaume’. C’est alors que ressurgit Kenny Kane (James Gandolfini), le père de Max, qui tua sa mère autrefois avant d’aller en prison, d’où il a récemment été relâché. Kenny kidnappe alors Max. Avec l’aide de quelques indices et de son esprit de déduction, le jeune Kevin comprend la situation et décide de se lancer dans une nouvelle quête : secourir son compagnon tel un noble chevalier.

’The Mighty’ est une fable poignante sur l’amitié, qui aborde aussi des sujets plus graves comme l’enfance maltraitée. Ensemble, Kevin et Max forment un duo de ’chevaliers’ des temps modernes qui vivent dans leur monde de légendes et de quêtes. Evidemment, la réalité finit par les rattraper et c’est alors que ressurgit les deux Némésis respectives des jeunes héros : le sinistre père de Max, et la maladie incurable de Kevin, qui le condamne tôt ou tard à une mort certaine. C’est au contact de Kevin que Max apprendra à s’ouvrir au monde et à revivre, perdu dans un océan de rêves et de légendes chevaleresques.

Le casting, impressionnant, se paie le luxe de réunir Harry Dean Stanton, Gena Rowlands, Sharon Stone, Gillian Anderson, James Gandolfini ou bien encore Meat Loaf. Elden Henson et Kieran Culkin apportent ici une émotion indicible au film. Certes, ’The Mighty’ est un film dont a vite fait le tour, mais il s’en dégage une émotion particulière, une certaine poésie à laquelle on ne peut rester insensible. Il est même dommage que certaines critiques se soient vite empressés de cataloguer le film de Peter Chelsom dans le registre ’mélo/guimauve’ alors qu’on est pourtant loin du côté édulcoré habituel dans ce style de film. La fin du film reste en tout cas particulièrement poignante, un formidable hymne à l’imagination.

Le score de Trevor Jones contribue largement à apporter une bonne dose d’émotion au film. La partition du compositeur se structure autour de quelques thèmes majeurs mémorables dont l’inoubliable thème principal qui reste à ce jour l’un des plus beaux thèmes que Trevor Jones ait pu écrire pour le cinéma. Curieusement, après son mémorable score épique pour ’Merlin’, Jones s’est vu offrir une nouvelle incursion dans le monde du roi Arthur à travers les yeux de deux gamins - c’est peut-être la participation du compositeur à ’Merlin’ qui lui permit d’atterrir sur ce nouveau film de Peter Chelsom. Dans ’The Mighty’, Jones conserve utilise l’orchestre traditionnel auquel il associe de nombreuses touches celtiques avec percussions, violon, cornemuse et flûtes celtiques, saupoudré de quelques touches de country avec harmonica, banjo et guitares, de quelques synthétiseurs et de quelques voix solistes, et un choeur poignant pour le final. L’introduction du score et du film se fait au son du superbe ’Past Times’ qui introduit le magnifique thème principal brièvement suggéré par l’harmonica sur fond de petites percussions celtiques et de quelques guitares avec flûtes, qui développent à leur tour le second thème du score, motif plus celtique et rythmé dans un style plus folklorique traditionnel (à noter l’utilisation des violons à la fin du morceau, qui fait parfois penser à la musique irlandaise traditionnelle). C’est ce mélange de style country/celtique qui frappe ici et montre tout le talent d’un compositeur décidément à l’aise dans tous les registres. Evidemment, les touches celtiques ne sont pas ici anodines puisqu’elles évoquent la légende du Roi Arthur à travers l’imagination des rois enfants - on sait maintenant que l’homme apparenté au Roi Arthur était originaire de Bretagne, justifiant ainsi l’utilisation de la musique celtique dans ’The Mighty’.

’Dreaming Clouds’ évoque le côté rêveur des deux enfants et de Max, lorsque ce dernier se perd dans les nuages, propices à l’évasion, à l’imagination. Le morceau se distingue ici par son côté plus atmosphérique et planant, faisant déjà intervenir quelques synthétiseurs. ’First Flight’ développe le troisième thème du score, un motif de flûtes et cordes très simple et doux associé à Max et qui évoque la fragilité du personnage derrière son apparence assez rude pour son âge. La partition prend une tournure plus sombre et massive dans ’Danger by The Lake’, lorsque Max et Kevin sont poursuivis par les voyous dans le lac, lors de la scène du feu d’artifice à la fête foraine. Le morceau s’oriente alors très rapidement dans l’action à grand renfort de cordes dissonantes, de cuivres massifs et de percussions évoquant le danger et l’intensité de la scène. On retrouve ici le Trevor Jones de l’action façon ’Dark City’ ou ’Desperate Measures’. Puis, le morceau prend une tournure plus apaisée, plus épique, lorsque intervient un motif de deux accords de cors associés par la suite aux chevaliers, motif qui, curieusement, évoque un motif déjà entendu chez James Horner dans des scores tels que ’Braveheart’ ou ’Titanic’ (une constante chez Trevor Jones : une fâcheuse tendance à toujours s’inspirer des autres compositeurs).

’City Walkers’ nous propose une reprise plutôt groovy/urbaine du thème celtique avec percussions, guitare électrique, guitares et harmonica lorsque Max et Kevin traversent la ville ensemble. On appréciera ici la variété des styles qui offre un relief considérable à la partition de ’The Mighty’ et renforce la puissance émotionnelle du film de Peter Chelsom. Très vite, Jones développe le superbe thème principal évoquant ’les puissants’ et leurs nobles quêtes, et ce alors que la musique commence à s’assombrir considérablement, comme pour la scène de l’attaque des voyous dans la rue (morceau hélas absent de l’album). ’The Mighty Quest’ plonge ainsi la musique dans un registre plus sombre. Après un début au piano plutôt mélancolique, le morceau s’assombrit considérablement avec l’utilisation de sonorités électroniques menaçantes (qui annoncent déjà par moment le futur ’From Hell’) lorsque le Kenny kidnappe Max. On retrouve ici le Trevor Jones des musiques de suspense, avec des percussions menaçantes et des sonorités électroniques quasi suffocantes. La dernière partie du morceau plonge à son tour dans l’action pure et dure, très proche cette fois-ci de certains morceaux d’action de ’Dark City’. A noter au passage l’utilisation de l’EVI (Electronic Valve Instrument), un instrument fétiche de Trevor Jones que ce dernier utilise régulièrement dans ses partitions.

’My Noble Knight’ reste sans aucun doute le meilleur morceau du score, si ce n’est LE morceau de ’The Mighty’. En l’espace de 8 minutes, Trevor Jones nous propose une superbe reprise du thème principal dans une version élégiaque inoubliable dans laquelle intervient la voix du jeune chanteur soliste Chris Baron et d’un choeur à quatre voix. Le thème, introduit par des cordes chaleureuses, est très vite chanté par le soliste en latin et repris par le choeur, pour le magnifique final où l’ambulance emmène le corps de Kevin, Max courant après l’ambulance, fou de douleur. Il s’agit sans aucun doute de la reprise la plus émouvante du thème dans toute sa splendeur, la musique occupant alors une place privilégiée dans cette superbe séquence où les sons finissent par se taire au profit de cette poignante élégie qui résume à elle toute seule le talent d’un Trevor Jones visiblement particulièrement inspiré par son sujet. Cela faisait en tout cas bien longtemps que Trevor Jones n’avait pas écrit un morceau aussi poignant, empreint d’une poésie, d’un lyrisme simple, frais et émouvant. ’Free To Fly’ conclut alors le film avec brio lorsque Max fait s’envoler la petite machine construite par Kevin. Jones reprend une dernière fois le thème dans sa plus puissante version, alliant l’orchestre avec des cuivres chevaleresques et épiques et des percussions celtiques (nous permettant au passage d’entendre un bref passage héroïque inspiré du style de ’Merlin’ lorsque l’on voit les chevaliers imaginaires dans la forêt à la fin du film), ’Future Times’ nous permettant d’entendre une dernière fois le thème celtique avec une rythmique pop qui résume bien l’idée de ces jeunes chevaliers des temps modernes.

Vous l’aurez donc compris, ’The Mighty’ est de très loin l’une des plus belles partitions que Trevor Jones ait pu écrire à ce sujet pour un film hollywoodien, ayant trouvé le ton juste tout en sachant éviter le piège de la mièvrerie en variant le plus possible les styles. En ce sens, ’The Mighty’ ne manque pas d’émotion, car l’on passe très vite de l’exaltation à la tristesse en passant par l’inquiétude, la peur ou la détermination. ’The Mighty’, petit bijou incontournable de Trevor Jones, est aussi la preuve que le compositeur d’origine sud-africaine sait donner le meilleur de lui-même lorsqu’un sujet l’inspire et qu’un réalisateur lui donne les moyens de s’exprimer. Avec ’The Mighty’ de Peter Chelsom, Trevor Jones nous propose un véritable hymne à l’évasion, à l’imagination, à l’amour de la vie, faisant assurément de ’The Mighty’ l’un des meilleurs scores du compositeur, une très belle partition à laquelle on ne peut rester indifférent, et que tout bon béophile se doit de connaître !

Bandeaux : Robert Touati | Hébergement: Office central de la coopération à l'école | Mentions légales | | Plan du site | Suivre la vie du site RSS 2.0