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l’enfant silence de ROUMIGUIERE

L’avis de Ricochet : L’avis de Ricochet

Histoire bouleversante que celle de cette petite fille profondément meurtrie dans son corps et dans son âme par les violences et sévices subis au quotidien. Ce lourd secret qu’elle porte silencieusement en elle sans jamais oser se confier de peur des représailles et de la séparation. En elle, un terrible dilemme agite ses pensées ; oscillant entre amour et crainte envers ses parents, bourreaux un jour, tendres et aimants le lendemain. Tel un oiseau chétif enfermé dans une cage, la fillette rêve de liberté mais n’ose s’envoler ; elle aimerait se confier mais par crainte se terre dans le silence. À l’école, la maîtresse s’inquiète pour cette petite fille à la silhouette triste et au regard soucieux, insensible au monde extérieur. Et lorsqu’elle fait face à la psychologue « qui sent bon la banane et le pain grillé », son mutisme n’en dit déjà que trop. Cette dernière parviendra-t-elle à lui redonner suffisamment confiance pour qu’elle tente de se libérer de ses démons et commencer à vivre sa vie de petite fille ? Si la grâce et la sensibilité de l’écriture à la fois légère et à fleur de peau de Cécile Roumiguière donnent toute sa force à ce récit, le travail graphique de Benjamin Lacombe fin, délicat et si expressif dévoile un univers sombre, torturé mais délicieusement envoûtant. Avec ses illustrations déclinant les tonalités rouges et marron, il explore les affres de la douleur et de la maltraitance usant de représentations surréalistes pour une métaphore visuelle de la maltraitance qui magnifie le texte.

Rencontre avec Cécile Roumiguièreici

Sur ce site il est dit : Des allégories volontairement choisies dans le monde animalier, (thème de prédilection de l’enfant) sensibilisent d’autant plus le jeune public. « Les loups représentent les parents, tantôt aimants, (telle la louve de Rémus et Romulus), tantôt maltraitants (tels les loups effrayants des contes pour enfants) ; les alouettes représentent la joie, le bonheur, la vie. Ainsi, lorsque, comme dans certaines images, elles sont en cage, elles signifient l’incapacité de la petite fille à être heureuse, et son emprisonnement par son lourd secret ; enfin, les cygnes représentent, tantôt la lumière solaire, celle du jour (lorsqu’ils sont colorés en blanc dans les illustrations), tantôt la lumière lunaire, celle de la nuit (en noir dans les illustrations).

D’après moi, l’accès à la compréhension de cette histoire, n’est possible qu’en faisant de nombreuses inférences. Pour cette raison, le jeune lecteur aura besoin d’être accompagné dans sa lecture par un adulte. C’est pourquoi, je le conseillerais à partir de 6-8 ans, ou à des professionnels de l’enfance, enseignants, psychologues, afin d’aider ces derniers à délier les langues des « enfants-silence ». »