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ANIMATION PEDAGOGIQUE PAR ALAIN DUPRE

Qu’il y t-il de violent à l’école ?

par Alain Dupré

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1-Le cadre réglementaire est contraignant

11-Les horaires Il faut être à l’heure, justifier retard ou absence. La sortie en récréation est fixée, les temps de travail et de repos sont imposés. 12-Les programmes Écrits en dehors des apprenants, ils sont précis et doivent être respectés.

13-L’accès aux espaces Que ce soit une salle de classe (même celle de l’élève), une salle spécialisée, le bureau du directeur, la cour de récréation, les toilettes, ou même le tableau, l’enfant ne dispose que d’un seul lieu (presque) privatif, son bureau. Autorisations et réglementations (écrites et annoncées, ou orales et aléatoires) organisent les possibilités d’accès à tel ou tel lieu de l’école.

14-Les objets autorisés Les objets dangereux sont évidemment interdits mais également tout ce qui n’a pas à voir avec l’école. Souvent même des objets personnels sont prohibés ( le beau stylo d’anniversaire, la gomme verte et rouge achetée au grand magasin...). La réglementation des outils de travail de l’écolier est telle que tout le monde doit disposer du même matériel, non pas de qualité équivalente, mais de nature identique. Il faut être conforme aux autres. C’est une forme de négation de l’identité.

2-La position du maître : elle est quasi divine (3 en 1

21-C’est un adulte parmi des enfants  : sa maturité l’autorise à exercer un pouvoir absolu. Les enfants doivent lui obéir. Le règlement départemental précise que le respect lui est dû.

22-C’est un fonctionnaire investi d’une mission d’enseignement  : c’est lui qui applique les programmes et donc décide des progressions, de l’emploi du temps, c’est lui qui choisit les manuels, sélectionne les outils...

Il est le garant du contrat d’éducation entre l’état et les citoyens : il fait respecter l’obligation scolaire et les lois et règlements qui organisent la vie à l’école.

23-Il sait ce que les élèves ne savent pas : il apprécie la justesse des réponses, il évalue, apprécie, condamne ou félicite. Il est la référence pour décider qui est un bon élève et qui ne l’est pas. Il est aussi celui qui sait comment l’enfant apprend, il est un pédagogue qui choisit les méthodes d’enseignement, décide si l’on travaille en groupe ou individuellement, donne les consignes de travail, distribue le matériel, conseille chacun et commande à tous... L’élève découvre ainsi chaque jour (Qu’as-tu appris à l’école mon fils ?), voire à chaque instant, ce qui va être abordé et s’il sera exécutant, participant ou acteur de la situation.

3-Les méthodes utilisées s’imposent à l’élève

31-Le choix des contenus Il obéit à une progression décidée par l’enseignant.

32- Les supports , les outils sont déterminés sans l’avis de l’enfant : du cahier au fichier, en passant par le manuel, l’affiche, la couleur des stylos, la qualité des instruments, la dimension et la nature comme l’utilisation des cahiers.

33-La présentation des informations Écrire la date à trois carreaux, corriger en rouge, souligner en vert, aller à la page suivante, mettre au propre, rectifier ses erreurs, écrire correctement, utiliser le compas, la règle, le double-décimètre, prendre l’ardoise ou le cahier de brouillon... sont des décisions prises unilatéralement par le maître.

4-La relation maître-élève

41-Les interdits sont nombreux Ouvrir une armoire, regarder par la fenêtre, demander à son voisin, solliciter l’aide du maître, parler fort, jouer, bâiller, faire autre chose... selon l’enseignant ces actes sont répréhensibles, soumis à autorisation ou (rarement) librement autorisés.

42-Les autorisations Aller aux toilettes, accéder à un coin spécifique, boire, rêver, manger, se reposer ... ces situations sont régies par un code intérieur à la classe.

43-La politesse Comment s’excuser, demander un objet, saluer un arrivant, prendre la parole ? Les formules obligées sont variables mais existent en général et l’enfant doit s’y plier pour devenir un élève accepté.

44-Le climat moral Ce qui est beau, bien, juste, exact ... les valeurs de référence sont déterminées par le maître. L’appréciation de l’effort fourni par un élève, l’évaluation qualitative ou subjective d’une production (l’application de l’élève ) ou d’un comportement (participation, sagesse, travailleur...) est faite par le maître sur la base de critères personnels souvent peu ou mal connus de l’apprenant, voire de critères arbitraires et aléatoires avec des jours bienveillants et généreux, des jours sévères et intolérants.

45-Les punitions Elles relèvent du même arbitraire lié à la personne de l’enseignant : blâme oral, copie, privation de récréation, isolement, vexations diverses... La justice n’est pas toujours au rendez-vous, faute de temps d’analyse car, en la matière, l’enseignant est simultanément le policier qui constate le délit, le juge qui condamne et détermine la peine, l’agent qui la fait appliquer, tout en restant le maître de la classe. La punition vise-t-elle l’élève ou la personne ?

5-Les entrées et sorties de l’institution

51-Les intervenants Du moniteur municipal au conteur rémunéré, en passant par l’intervenant occasionnel, le parent accompagnateur, le représentant, l’employé municipal... l’enseignant exerce un pouvoir de décision sans partage pour ce qui concerne l’entrée dans sa classe. L’élève assiste à ces entrées-sorties, changements de maître (décloisonnements) sans donner son avis.

52-Les visites, sorties de classe sont décidées par l’enseignant qui choisit le lieu, l’heure, la durée, trouve le financement, arrête les modalités précises du déplacement.

53-Les projets Du choix d’un spectacle à l’initiative de telle ou telle activité, l’enseignant est seul maître à bord. Ce n’est que dans le cas d’une pédagogie de projet ou d’une classe coopérative authentiques que les projets voient une place accordée aux enfants dans l’élaboration de ces situations.

Ce descriptif peut paraître caricatural mais il est - pour partie le produit de l’histoire de l’institution et donc il est écrit dans les textes officiels, principalement le règlement scolaire départemental

- pour partie la somme des habitudes auxquelles personne ne réfléchit plus (on a toujours fait comme cela)

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