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le synopsis

Les enfants du ciel

Réalisation Majid Majidi • Iran • 1999 • 1h 30 Avec Bahare Seddiqi, Amir Farrokh Hashemian, Mir Farrokh SYNOPSIS Le jeune Ali part chercher les chaussures de sa petite soeur chez le cordonnier. Il perd son paquet sur le chemin du retour. Rentré à la maison, il n’ose rien dire a ses parents, qui n’ont même pas l’argent pour payer le loyer. Les enfants vont dès lors devoir se partager une même paire de tennis pour aller à l’école. Zahra la portera le matin et Ali l’après-midi. Cette situation donnera lieu a quelques angoisses, mais aussi à de cocasses mésaventures. Ali croit trouver la solution en participant à une course. Il doit absolument arriver troisième pour gagner la paire de tennis offerte en prix, mais échoue en remportant la course. Heureusement, son père revient à la maison avec une solution, deux paires de chaussures neuves.

PERSONNAGES Ali : Ali est résolu, voire têtu. Quand il veut quelque chose, il se démène comme un diable, que ce soit pour chercher les chaussures chez le marchand ou obtenir le droit de participer à la course. Quelles sont ses motivations ? La honte ? La peur ? Jusqu’où est-il prêt à aller pour obtenir ce qu’il veut ? Ali fait aussi preuve de maturité en décidant d’assumer seul son erreur et de chercher lui-même une solution. Pourquoi ? Zhara La soeur d’Ali est prête à aider son frère, tant qu’elle n’a pas d’ennuis elle-même. Malgré sa position, elle ne profite pas de la situation pour faire chanter son frère. Les parents Issus d’un milieu social pauvre, ils accumulent les dettes, car le père éprouve des difficultés à trouver un travail. La mère est très effacée. On ne la voit d’ailleurs pas beaucoup dans le film. Le père est davantage présent. Pourquoi ? S’il se montre intransigeant lorsqu’il s’agit de participer aux tâches familiales, notamment pour aider sa femme enceinte, il se radoucit dès lors que ses enfants se conduisent convenablement et font de leur mieux pour l’aider. Qu’attend-il d’eux exactement ? Pourquoi ? THÈMES Un conte initiatique De l’anecdote des chaussures, le réalisateur parvient à construire une histoire sur le courage, la fraternité et la dignité. Car en refusant d’avouer la perte des chaussures à ses parents, Ali risque d’être d’abord trahi par sa soeur, puis d’être découvert. Une simple question, une simple remarque à propos des chaussures et Ali aurait eu du mal à justifier leur absence. Seul son courage et l’espoir de résoudre son problème rapidement poussent Ali à poursuivre son mensonge. Est-ce d’ailleurs seulement par peur ? Il doit composer avec sa soeur, négocier, acheter son silence. Zahra sait ce qui attend son frère s’ils sont découverts. D’ailleurs, en se faisant complice, elle risque elle aussi des ennuis. Mais elle est solidaire, prête à l’aider au besoin. Cette épreuve va les souder. Pas de bonne fée, pas de merveilleux dans ce film. Mais les ingrédients du conte sont là. D’abord, les obstacles physiques qu’ils doivent franchir pour se partager les chaussures. Les adjuvants aussi, qui, comme de bonnes fées interviennent pour les sortir d’un mauvais pas dans les situations inextricables (le marchand qui sort la chaussure du conduit, le professeur qui fait lever le renvoi...). Enfin, parce qu’ils sauront surmonter les épreuves, ils auront droit, comme dans tout conte, à leur récompense, une nouvelle paire de chaussures. Mais est-ce la véritable récompense ? Une peinture sociale Une paire de chaussures égarée et c’est la vie quotidienne de deux enfants qui s’en trouve bouleversée. Pourquoi ? Quelles seraient les conséquences si Ali avouait sa faute ? Ses parents pourraient-ils racheter une paire de chaussures ? Ali est conscient des problèmes financiers de ses parents. C’est aussi pour cette raison qu’il refuse d’avouer sa faute. Le réalisateur nous dépeint à travers cette mésaventure la réalité de son pays, sans misérabilisme, ni caricature. Ses personnages sont des gens simples. D’un côté, les classes pauvres, dans la ville basse, qui tentent de survivre dignement et de l’autre les riches propriétaires protégés par les hauts murs de leurs propriétés perchées sur les hauteurs de la ville. Autre point important pour les enfants, l’accès au savoir. Pour eux, il est impensable de rater une journée d’école. Ali court pour être à l’heure. Et c’est un grand déshonneur que de se voir renvoyé. Le fait de donner son prix à sa soeur, un simple stylo qui peut nous paraître dérisoire, revêt une grande valeur pour les deux enfants. On pourra élargir le débat avec les enfants pour souligner le contraste entre nos deux sociétés, notamment la course aux marques et aux derniers modèles pour nous, occidentaux, et la rareté, la richesse que représente le fait de posséder une unique paire de chaussure. Fiche réalisée par Bertrand Mullon, médiateur cinéma, dans le cadre du festival « L’enfant et le 7°Art » 2006

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