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Structures et démarches pour prévenir et gérer la violence à l’école.

L’éducation aux droits de l’homme : quelques jalons, valeurs et pistes d’action

Un texte de Philippe Meirieu qui propose quelques voies d’actions :

Surseoir à la violence

Surseoir à la violence, c’est dire : je réfléchis, j’écoute. Or, en matière éducative, aucun enfant ne peut faire cela spontanément, sinon c’est supposer qu’il est déjà éduqué. L’enfant, quand il naît, est dans l’immédiateté, il est dans l’impulsion. Et c’est là où je n’hésite pas à dire qu’il y a un rôle fondateur de l’adulte qui est l’interdit. L’interdit de la violence ne se discute pas parce qu’il est la condition pour qu’on puisse discuter de tout le reste : je peux discuter de tout parce que j’ai posé que la violence était interdite. Pour l’enfant, l’interdit de la violence va être une frustration parce que, sur le moment, l’enfant est dans l’immédiat : il ne comprend pas, il tape. Il n’aime pas, il crache. Et si on lui dit : "halte-là, tu réfléchis, tu écris, tu en discutes, on en reparle dans une semaine", eh bien, ça le frustre. Et cette frustration n’est tolérable que si l’adulte est capable - et c’est là la valeur éducative dont nous parlons- de montrer en permanence que l’interdit est ce qui autorise. Il faut avoir simultanément le courage des interdits et la ténacité de celui qui montre que l’interdit, seul, autorise une parole entre homme dans la société civile. Si j’interdis la violence sans autoriser par ailleurs la parole, il va de soi que je fais rien. L’interdit de la violence n’est tenable que parce que cet interdit est fondé sur l’autorisation de la parole.

Réguler la parole

Il doit exister des lieux de parole que l’on puisse réguler avec des rituels, parce que la parole ne se construit pas sans rituels. […] Trop souvent on pense que l’accès à la parole n’est pas objet de formation. Or, permettre à des gens de ne pas se battre, mais de se parler, cela se forme. Et la formation aux droits de l’homme passe fondamentalement par la formation à ces lieux de parole régulés, annoncés, organisés, avec des présidents de séance, avec des notes, avec des minutes, avec toute une série de conditions que les pédagogues connaissent bien et qui permettent à la parole d’être une vrai parole, de ne pas être du bavardage.

Construire des compétences

Il faut sortir de ce face à face frontal qui fait que le maître est supposé tout savoir et permettre à chaque élève, à chaque enfant, d’être expert dans un domaine dont il puisse faire profiter les autres ; ce que j’ai appelé dans mes travaux le groupe d’apprentissage. Il faut donner à chacun une expertise spécifique, ce qui fait qu’il est indispensable au bon fonctionnement du groupe. […] L’idée de compétence, c’est l’idée de réinvestissement ; une compétence, ce n’est pas quelque chose qui sert uniquement à avoir une note ; c’est quelque chose qu’on peut réinvestir ailleurs qu’à l’école. »

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