La gestion financière au service du projet coopératif d'éducation
POUR
UNE APPROCHE EDUCATIVE, PEDAGOGIQUE ET HUMANISTE DU FONCTIONNEMENT DES COOPERATIVES
ET DES FOYERS COOPERATIFS
(Affiliés à l'Office Central de la Coopération à
l'Ecole)
A leur création en 1928,
les coopératives scolaires se sont d'abord inscrites dans la double
mouvance de " l'éducation nouvelle " et des courants coopératifs,
mutualistes, associatifs qui ont marqué la fin du XIXème siècle
et que l'on appelle aujourd'hui : " l'économie sociale ".
Sans renier ces origines et tout en conservant une indéniable dimension
économique, les coopératives ont évolué vers des
pratiques pédagogiques au service d'une finalité : le développement
de la personne et la formation du citoyen. Or, comme l'énonce clairement
la Charte de la Coopération à l'Ecole, les pouvoirs réels
du citoyen dépendent non seulement de la nature de ses savoirs mais
également de la façon dont ils ont été construits.
Ce qui implique que soit prise en compte, par la pratique et dès l'école
maternelle, une véritable initiation économique, composante
fondamentale d'une culture citoyenne pour le troisième millénaire.
L'Office Central de la Coopération à l'Ecole, fédération
d'associations départementales, est reconnu d'utilité publique
et complémentaire de l'Enseignement Public. L'OCCE est, à ce
titre, à travers ses coopératives et ses foyers, habilité
à gérer des fonds. Il y a là une conjonction tout à
fait favorable dont l'intérêt éducatif n'est pas toujours
perçu à sa juste mesure. Depuis leur création, les coopératives
scolaires et foyers coopératifs ont rendu de très grands services
en permettant à tous les niveaux du système éducatif
de mettre en place des projets, d'organiser des voyages éducatifs ou
des séjours et d'acquérir du matériel que les collectivités
territoriales ne prenaient pas à leur charge.
Ce dispositif, grâce à sa souplesse, présente bien des
avantages et permet de donner une certaine autonomie aux établissements.
La gestion des fonds par les mandataires est faite avec une très grande
rigueur et les comptes rendus financiers sont envoyés, en fin d'année,
aux Associations Départementales.
L'organisation de manifestations diverses (fêtes, spectacles, lotos,
kermesses, ventes-expositions...) afin de recueillir des fonds qui complètent
les participations des familles, rassemble de nombreuses bonnes volontés
(parents, anciens élèves, amis de l'Ecole...) et permet aux
uns et aux autres de se rencontrer, d'échanger, de mieux se connaître.
De telles manifestations constituent des ouvertures concrètes et positives
de l'Ecole.
Néanmoins, aujourd'hui, nombreux sont ceux qui s'interrogent sur l'avenir
de nos structures coopératives et même sur leur bien-fondé.
Des Fédérations de parents d'élèves, des organisations
syndicales et des associations, très attachées à la gratuité
de l'Ecole, estiment que toutes les dépenses éducatives devraient
être prises en charge par les collectivités territoriales, soit
directement, soit par l'intermédiaire d'un E.P.L.E. (Etablissement
Public Local d'Enseignement), sans nécessairement faire appel à
la participation des familles.
Ne percevant dans ces structures coopératives que l'aspect financier
(surtout quand elles sont gérées uniquement par les enseignants),
certains vont jusqu'à penser qu'elles n'ont été que des
palliatifs, certes utiles, qui n'ont plus de raison d'être dans la société
actuelle.
D'autres, très attachés aux pratiques coopératives et
aux valeurs de la coopération, estiment, eux aussi, que dans la mesure
où toutes les dépenses seraient prises en charge par les communes,
il ne devrait plus être nécessaire de solliciter les parents.
On pourrait travailler coopérativement, mettre en place des projets,
instituer des conseils d'élèves en laissant à des agents
comptables la gestion financière. La création de coopératives
et foyers coopératifs, sections locales d'une Association Départementale,
ne serait donc plus nécessaire. Pour les uns comme pour les autres,
la gestion de l'argent ne devrait plus avoir sa place à l'Ecole.
C'est sur un tout autre plan que se placent certaines municipalités
qui, sans s'interroger sur les spécificités des coopératives
et sur leurs fonctions éducatives, voudraient, au contraire, pour des
raisons de facilité y transférer la gestion des fonds publics
destinés au fonctionnement des écoles (ceci constitue une gestion
de fait totalement illégale).
Il semble donc urgent de redéfinir la place de l'argent à l'Ecole
et de mettre en évidence tout ce que la gestion des finances, au sein
des associations que sont les coopératives et les foyers coopératifs,
peut apporter sur le plan éducatif.![]()
1
- LES OBJECTIFS EDUCATIFS ET PEDAGOGIQUES
Adultes, nos élèves
auront, en tant que citoyens et responsables de l'avenir de notre planète,
un rôle de plus en plus important et de plus en plus complexe à
jouer dans de nombreux domaines. La société civile, par l'intermédiaire
d'Organisations non gouvernementales (O.N.G.) et de collectifs de syndicats
ou d'associations, sera de plus en plus présente dans les grands débats
sociaux et sociétaux, à l'échelle de la planète.
Nos élèves exerceront des fonctions électives politiques,
syndicales ou associatives. Ils créeront, géreront, animeront
des sociétés, des associations, des coopératives, des
mutuelles. Ils participeront à de nombreuses instances consultatives
ou délibératives... Et souvent, sans doute, devront-ils se mobiliser
pour défendre des valeurs ou pour obtenir que leurs aspirations soient
davantage prises en compte.
Nos élèves devront pour cela acquérir des compétences
de haut niveau qui leur permettront, entre autres, de s'informer, de communiquer,
de coopérer, de s'adapter, d'anticiper, de négocier, d'inventer,
de décider, d'analyser des besoins, de gérer et de répartir
des ressources, d'élaborer des stratégies, d'affronter et de
comprendre la complexité...
La pédagogie coopérative, la conception puis la réalisation
de projets, la participation active à des conseils d'élèves
et l'exercice de véritables pouvoirs de décision, favoriseront
la construction de ces compétences à condition de prendre en
compte également la gestion financière. Gestion qui doit être
considérée comme un véritable projet éducatif
et coopératif permettant une réelle initiation à l'économie.![]()
1-1 - UN PROJET EDUCATIF ET COOPERATIF A PLUSIEURS NIVEAUX
Gérer les finances, au
sein d'un conseil de coopérative, tout au long de l'année, c'est
d'abord un projet global en soi qui implique un certain nombre d'opérations
précises : préparer, discuter, voter, exécuter, budgétiser,
évaluer, présenter un bilan...
C'est ensuite un élément à prendre en compte dans la
réalisation d'autres projets. Si certains n'ont pas besoin d'être
financés (un exposé préparé par un groupe, c'est
aussi un projet), d'autres devront l'être. Or il est beaucoup plus éducatif
de le faire par l'intermédiaire de la coopérative en y associant
véritablement les enfants pour plusieurs raisons :
- Des savoirs et des savoir-faire acquis en mathématique seront construits,
réinvestis avec un véritable enjeu. Ils prendront ainsi tout
leur sens et ils deviendront de véritables compétences dans
la mesure où ils permettront de résoudre de vrais problèmes
comme dans la vie.
- Les projets eux-mêmes (publier un magazine, répondre aux correspondants,
organiser un voyage éducatif ou un spectacle...) seront d'autant plus
éducatifs qu'ils prendront en compte tous les paramètres et
que les enfants, associés à toutes les étapes du projet,
seront amenés à analyser les ressources et les contraintes,
à comparer, par exemple, des tarifs ou des conditions de vente et pourront
prendre de véritables décisions.
Dès l'Ecole maternelle, le projet de création d'un album, conçu
et réalisé avec les enfants, permet déjà la prise
en compte d'un certain nombre de données économiques et financières
: de quel matériel a-t-on besoin ? où va-t-on l'acheter ? comment
et avec quoi ? aurons-nous assez d'argent ?
Les ressources financières disponibles, la part que l'on attribue à
chaque action sont des éléments incontournables dont la prise
en considération par les élèves assure au projet un caractère
d'authenticité (on réalise pour de vrai et non pour faire semblant)
éminemment éducatif.
S'ils sont associés à la gestion financière, les enfants
vont, de plus, découvrir que l'argent de la coopérative ne peut
pas être utilisé comme de l'argent de poche. Il appartient à
la collectivité et doit, de ce fait, être géré
selon certaines règles. Les associations sont dans ce domaine soumises
à des obligations dont chacun doit prendre conscience : " l'argent
de la coopérative nous est, en quelque sorte, confié, nous en
avons la responsabilité ".
Le monde associatif a connu de graves dérives et il est essentiel d'en
prévenir le retour en instaurant dès l'Ecole, par la pratique
démocratique de la gestion et par la réflexion sur cette gestion,
une véritable éthique de l'utilisation de l'argent de la collectivité.
Apprendre à gérer ensemble un budget dans un cadre associatif,
c'est non seulement un moyen éducatif pertinent mais c'est aussi un
enjeu de société.![]()
1-2 - LES OBJECTIFS PEDAGOGIQUES
Les objectifs généraux
En participant réellement à la gestion financière des
fonds coopératifs, les jeunes mettront en oeuvre, comme dans d'autres
domaines, des compétences générales qui se consolideront
et s'enrichiront : s'informer, communiquer, expliquer, argumenter, comparer,
vérifier, accepter, décider, mettre en relation différents
paramètres...
Les objectifs spécifiques
Pour résoudre tous les problèmes posés par la gestion,
ces compétences générales ne suffiront pas. Des obstacles,
des difficultés nécessiteront, sans doute, un détour
par des apprentissages spécifiques. Il faudra alors mettre en place,
en fonction des besoins, des situations d'apprentissage qui permettront aux
enfants d'acquérir, dans plusieurs domaines, des savoirs et des savoir-faire
et de réfléchir sur quelques questions fondamentales :
* la consommation : l'achat, la comparaison, le choix, les droits des
consommateurs...
* l'initiation économique : l'argent, les banques, les intérêts,
les remises, les bénéfices, les taxes, le crédit...
* la gestion comptable : le devis, les bons de commande, les tickets
de caisse, les factures, le budget, les registres obligatoires...
* la vie associative : les statuts, les règlements, le conseil,
le bureau, le procès-verbal, le compte-rendu, l'ordre du jour, les
règles déontologiques
Ces savoirs et ces savoir-faire ne prendront sens et ne deviendront de véritables
compétences que s'ils sont réinvestis dans la conception puis
la réalisation de nombreux chantiers coopératifs.![]()
La gestion de l'argent s'inscrit dans des dispositifs : les conseils, à la fois outils et lieux de formation.
On peut créer :
* des conseils de coopérative de Classe (de club ou d'atelier),
* des conseils de coopérative d'Ecole,
* des conseils coopératifs de Foyers.
Ces conseils sont des lieux de parole, des structures de gestion, des instances
de décision, d'évaluation et de régulation (cf. Charte
de la Coopération à l'Ecole), mais ils n'ont pas les mêmes
attributions et ne fonctionnent pas de la même façon.
Le conseil de coopérative de Classe (de
club ou d'atelier)
* Il regroupe l'enseignant (1) et tous les élèves de la classe
(du club ou de l'atelier).
* Il se réunit régulièrement (une fois par semaine par
exemple) et chaque fois que cela est nécessaire.
* Il élit en son sein, pour l'année ou pour des périodes
plus limitées, un bureau composé d'un président, d'un
secrétaire, d'un trésorier, qui peuvent être assistés
par des adjoints. Le bureau prépare les réunions, les anime
et en assure le suivi. Certaines fonctions peuvent être assurées,
à tour de rôle, par d'autres élèves : distributeur
de la parole, gardien du temps...
Le conseil de coopérative
de Classe (de club ou d'atelier) :
* participe à la mise en place, au suivi et à l'évaluation
des projets et des activités de la classe ;
* examine la situation financière à chaque fois que cela est
nécessaire et en relation avec les projets de la classe (du club ou
de l'atelier) et de l'établissement ;
* prépare les réunions du conseil de coopérative de l'établissement
: élection des délégués, choix des questions et
des propositions à soumettre, présentation de la situation financière
;
* recherche des solutions pour résoudre des conflits, élabore,
modifie des règles de vie... ;
* étudie les questions et les suggestions proposées par les
coopérateurs.
(1) L'enseignant est membre du conseil au même titre que les élèves ; il peut donc faire des suggestions, donner son avis mais il est aussi un adulte de référence, un garant qui doit veiller au respect des différents engagements, éviter les dérives et aider les enfants à progresser dans la participation et la gestion démocratiques.
Le conseil de coopérative d'Ecole
* Il fédère les conseils de coopérative de Classe.
* Il regroupe les représentants des enseignants et les délégués
des élèves (un ou deux par classe élus par leurs camarades)
et, éventuellement, des partenaires de l'Ecole en fonction de l'ordre
du jour.
* Il se réunit régulièrement (une fois par trimestre
par exemple) et chaque fois que cela est nécessaire.
* Il élit, en son sein, un bureau composé d'un président,
d'un secrétaire et d'un trésorier qui peuvent être assistés
par des adjoints. Avec l'aide du directeur ou d'un enseignant délégué
par ses collègues, le bureau prépare les réunions, les
anime, et en assure le suivi.
* Il définit les modalités selon lesquelles seront organisées
les assemblées générales.
* Il examine et donne une suite aux questions et suggestions proposées
par les conseils de classe.
* Il met en place, après délibération, des actions impliquant
toutes les classes de l'école : journal de l'école, aménagement
d'une B.C.D. amélioration du cadre de vie, préparation d'un
spectacle, d'une exposition...
* Il élabore un projet de vie au niveau de toute l'école : droits
et devoirs, règles de vie, règlement intérieur...
* Il recherche des solutions aux conflits qui peuvent éclater entre
classes ou groupes.
* Il globalise et répartit les ressources entre la coopérative
de l'Ecole et les coopératives de Classe.
* Il gère le budget qu'il a affecté à la coopérative
de l'Ecole. Dans un souci de transparence et de cohérence avec le Projet
d'Ecole, il présente un suivi et un bilan de ce budget au Conseil d'Ecole.
Le conseil coopératif de Foyer (second
degré)
* Il fédère les conseils des coopératives de Classe,
de club ou d'atelier.
* Il regroupe les représentants de l'administration, du personnel éducatif,
des enseignants, les délégués des élèves
(un ou deux par classe, club ou atelier, élus par leurs camarades)
et, éventuellement, des partenaires de l'établissement en fonction
de l'ordre du jour.
* Il se réunit régulièrement (une fois par trimestre
par exemple) et chaque fois que cela est nécessaire.
* Il élit, en son sein, un bureau mixte jeunes/adultes composé
d'un président, d'un secrétaire et d'un trésorier assistés
par des adjoints. Avec l'aide des membres de l'équipe éducative,
le bureau prépare les réunions, les anime, et en assure le suivi.
* Il définit les modalités selon lesquelles seront organisées
les assemblées générales.
* Il examine et donne une suite aux questions et suggestions proposées
par les conseils de Classe (de club ou d'atelier).
* Il peut participer à la mise en place et à la formation des
délégués au Conseil d'Administration.
* Il met en place, après délibération, des actions impliquant
toutes les structures coopératives de l'établissement : journal,
aménagement d'un C.D.I., amélioration du cadre de vie, préparation
d'un spectacle, d'une exposition...
* Il peut contribuer à l'élaboration d'une charte au niveau
de l'établissement incluant : droits et devoirs, règles de vie,
règlement intérieur ...
* Il recherche des solutions aux conflits qui peuvent éclater entre
classes ou groupes.
* Il globalise et répartit les ressources entre le Foyer Coopératif
de l'établissement et les coopératives de classe (de club ou
d'atelier).
* Il gère le budget qu'il a affecté au Foyer Coopératif
de l'établissement. Dans un souci de transparence et de cohérence
avec le Projet d'Etablissement, il présente un suivi et un bilan de
ce budget au Conseil d'Administration de l'établissement.
REMARQUES
:
1) Dans les conseils, les
délégués ne sont pas simplement consultés : ils
délibèrent et prennent de véritables décisions.
2) Les délégués du conseil coopératif peuvent
être invités à participer au conseil d'école ou
d'Administration et y présenter les modalités de fonctionnement
de la Coopérative ou du Foyer coopératif sans que pour autant
elles soient soumises à l'approbation desdits conseils. Il importe,
en effet, pour des raisons déontologiques et éducatives, de
préserver la spécificité et l'autonomie des conseils
coopératifs.
3) Des coopératives de classe (clubs ou atelier), de cycle et d'établissement
peuvent être créées dans les établissements spécialisés,
les collèges et les lycées (comme il en existe déjà
dans de nombreuses S.E.G.P.A.). Ces coopératives ne doivent pas être
confondues avec les foyers socio-éducatifs.
4) Dans les Ecoles maternelles, le conseil de coopérative d'Ecole réunira
les enseignants et les partenaires intéressés ainsi que les
enfants lorsque cela est possible (selon l'âge). Le conseil de coopérative
de Classe, animé par l'enseignant, se réunit régulièrement
et doit permettre aux enfants d'élaborer des règles de vie,
de s'exprimer sur la façon dont ils vivent et apprennent, et de faire
des suggestions.
5) Statutairement, les parents ne sont pas membres des conseils de coopérative
d'Ecole, de Classe ou de Foyers. Toutefois, ils doivent être informés
de l'utilisation des fonds et du mode de fonctionnement des conseils coopératifs.
Ils peuvent être invités à assister à des réunions
des conseils coopératifs.![]()
La gestion de l'argent par les coopératives implique qu'elles aient une existence juridique qu'elles obtiennent en adhérant à l'Association départementale O.C.C.E. Plusieurs modalités d'organisation, au sein des établissements scolaires, sont alors possibles :
Une classe, un club ou un atelier crée sa coopérative
gérée par un conseil de coopérative qui assure, sous
le contrôle d'un mandataire accrédité par le Conseil d'Administration
de l'Association Départementale, toutes les opérations financières.
Ce conseil de coopérative gère son budget par l'intermédiaire
d'un compte postal ou bancaire unique.
L'Ecole ou l'Etablissement crée une coopérative gérée
par un conseil de délégués qui assure, sous le contrôle
d'un mandataire accrédité par le Conseil d'Administration de
l'Association Départementale, toutes les opérations financières.
Ce conseil de délégués gère son budget par l'intermédiaire
d'un compte postal ou bancaire unique, et attribue à chaque classe,
club ou atelier, un budget spécifique géré par le conseil
de coopérative de classe, de club ou d'atelier.
L'Ecole ou l'Etablissement crée une coopérative : la coopérative
centrale ; et chaque classe, club ou atelier possède sa propre coopérative.
Il existe donc un compte postal ou bancaire pour la coopérative centrale
et un compte spécifique pour chaque classe, club ou atelier.
Toutes les ressources (participation des familles, subventions, recettes...)
sont versées sur le compte de la coopérative centrale.
Une partie des ressources, réservée aux actions et projets collectifs,
est gérée par le conseil de coopérative d'Ecole ou d'Etablissement.
Une autre partie est versée sur le compte de chaque coopérative
de classe, de club ou d'atelier, qui gère son budget en fonction de
ses projets.
D'autres modalités de fonctionnement
sont possibles. Ce qui est important, c'est de s'interroger sur les avantages
et sur les inconvénients de chaque système, en essayant de préserver
deux principes fondamentaux :
* Contribuer à développer la coopération entre les membres
de la communauté éducative ;
* Favoriser au maximum la participation effective directe des enfants à
la gestion financière de leur coopérative, tout en les initiant
également à la démocratie représentative puisque,
par l'intermédiaire de leurs délégués, ils participeront
à la gestion de la coopérative d'Ecole ou d'Etablissement.
Ils prendront ainsi conscience
du fait que, dans un certain nombre de cas, il est possible de mettre en place
des formes de démocratie directe (le conseil de coopérative
de Classe, les Assemblées Générales des associations
),
mais dans d'autres cas, compte tenu du trop grand nombre de personnes (de
citoyens) concernées, il est nécessaire de procéder par
délégation : Conseils d'Administration, Conseils Municipaux,
Conseils Généraux, Parlement
![]()
Dans le respect des conditions
précisées par la législation applicable aux associations
en matière de comptabilité, par les instructions ministérielles
en vigueur et par les statuts de l'OCCE, les ressources de la coopérative
scolaire peuvent provenir:
Produits des activités éducatives
1. des travaux réalisés en commun par ses membres ;
2. des projets pédagogiques ou d'actions de solidarité ;
3. des fêtes, des expositions, des spectacles organisés par la
coopérative
Autres produits
1. des participations volontaires des adhérents et des familles ;
2. de cessions diverses (calendrier national, produits de l'OCCE, autres produits
)
;
3. des subventions versées par des collectivités territoriales
ou des organismes publics ;
4. d'aides diverses (publication d'encarts, aides matérielles
)
;
5. de dons et legs (conformément à la législation en
vigueur).
De la cotisation
Elle ne constitue pas une ressource de la coopérative scolaire. Seule
l'Association Départementale est habilitée à recevoir
de la coopérative une cotisation dont le montant est déterminé
par son Assemblée Générale, part fédérale
incluse.
De la participation financière des familles
Elle est à différencier de la cotisation, car elle constitue
une ressource pour la coopérative scolaire.
Cette participation volontaire des familles sert à financer
des actions et des projets coopératifs élaborés au sein
des conseils de coopérative et présentés au conseil d'Ecole
ou d'Etablissement.
Elle devra être modulée selon les activités proposées,
négociée avec les familles, définie en fonction d'autres
financements possibles.![]()
Elles comprennent :
Les charges obligatoires et statutaires
1. le versement de la cotisation
annuelle (adhésion de la coopérative à l'Association
Départementale) correspondant au nombre de coopérateurs enfants
et adultes ;
2. l'assurance des personnes et des biens ;
Les charges des activités éducatives
1. le financement ou la participation
au financement, s'il existe d'autres partenaires, des projets coopératifs
;
2. la participation à des actions d'entraide ou de solidarité.
Toute décision d'ordre
budgétaire doit obligatoirement être subordonnée à
la réalisation des projets coopératifs. Selon les projets, les
dépenses de la coopérative peuvent être plus ou moins
importantes, toutefois elles ne devront jamais se substituer aux obligations
des collectivités territoriales en matière d'équipement
(acquisition, entretien, renouvellement du matériel d'enseignement).![]()
La coopérative de classe, de club, d'atelier, d'école ou d'établissement est une section locale de l'Association Départementale, qui seule possède la personnalité juridique que lui confère la loi sur les associations du 1er juillet 1901.
Son affiliation implique
:
* le respect du règlement type, qui définit notamment le contrat
liant la coopérative et l'Association Départementale ;
* le versement de la cotisation statutaire.
L'Association Départementale a pour mission de légaliser et de fédérer les coopératives, d'animer, de coordonner et d'harmoniser leurs activités, de les aider, de veiller au respect des statuts et règlements, et de contrôler leur gestion. L' Association Départementale adhère à la Fédération Nationale de l'OCCE.
La Fédération
Nationale de l'OCCE a pour mission de :
* représenter les Associations Départementales auprès
des pouvoirs publics, du monde associatif et de la société civile
;
* définir, promouvoir et soutenir les orientations pédagogiques,
associatives et gestionnaires arrêtées en Assemblée Générale
Nationale ;
* favoriser l'émergence d'innovations ;
* former les militants ;
et d'assurer ainsi la cohérence du mouvement pédagogique.![]()
Le mandataire est un membre de l'équipe éducative agréé par le Conseil d'Administration de l'Association Départementale de l'OCCE pour procéder à certaines opérations administratives pour le compte des coopérateurs, dont il est le représentant légal. Il est le garant du bon fonctionnement de la coopérative, devant les élèves, les parents, les élus et l'Association Départementale.
Ses responsabilités
:
* Diffuser les informations de l'OCCE ;
* Régler les cotisations des adhérents de la coopérative
à l'Association Départementale ;
* Envoyer les comptes-rendus d'activités et financier de la coopérative
à l'Association Départementale ;
* Contrôler la régularité de la comptabilité de
la coopérative ;
* Souscrire un contrat d'assurance pour la responsabilité civile de
la coopérative ;
* Rendre compte, durant l'année scolaire, du fonctionnement de la coopérative
lors des conseils de coopérative, mais aussi lors des conseils d'Ecole
ou d'Etablissement ;
* Tenir les registres obligatoires de la coopérative :
- le registre des procès-verbaux des réunions du Conseil de
Coopérative ;
- le cahier de comptabilité ;
- le registre d'inventaire ;
- le registre des adhérents, membres actifs, associés et d'honneur.
Le contrôle :
En fin d'exercice, le conseil de coopérative désigne deux vérificateurs aux comptes, qui sont chargés du contrôle financier et qui établissent le quitus. Par souci de transparence et de cohérence, il est souhaitable que des parents d'élèves soient associés à cette vérification.
Ce quitus et les comptes rendus financier et d'activités élaborés par le mandataire et approuvés par le conseil de coopérative sont adressés à l'Association Départementale, qui fait éventuellement connaître ses observations.
A tout moment, le fonctionnement
de la coopérative peut être vérifié par l'Association
Départementale ou par les corps d'inspection territoriaux de l'Education
Nationale.![]()
2-7
- LA DISSOLUTION
L'affiliation de la coopérative
à l'Association Départementale implique l'engagement de respecter
les obligations statutaires. Dans le cas contraire, la dissolution est décidée
par l'Association Départementale, qui détermine en Conseil d'Administration
les conditions de la dévolution des biens.![]()