Bernard COLLOT "L’école de la simplexité"

mercredi 29 février 2012
par  Eric

Dans sa classe unique et à la suite d’un long tâtonnement expérimental Bernard COLLOT en était arrivé à une école sans horaire, sans cahier, sans leçon, sans programme, sans évaluation… Pour chercher pourquoi « cela marchait », il s’est livré à une recherche théorique en faisant appel à la systémique beaucoup plus qu’à la pédagogie. Il base la réussite de « l’école de la simplexité » sur une notion bien particulière des langages. Il considère ceux-ci comme des outils neurocognitifs qui se construisent dans l’interaction avec l’environnement dont font partie les langues qu’il distingue résolument des langages. Ces outils doivent interpréter la masse des informations perçues par les sens pour les transformer et les intégrer dans des représentations qu’ils créent pour les rendre utilisables. Dans ce sens, il considère que la marche bipède, la nage… sont aussi produites par des langages. Selon lui et d’après ses observations de praticien, dans l’interaction avec l’environnement le cerveau se construirait différents langages (différents circuits neuronaux) pouvant créer et interpréter des mondes différents et cohérents : le langage verbal oral, le langage verbal écrit, le langage mathématique, le langage scientifique... Les différentes langues (orale, écrite, mathématique, scientifique) sont alors des « objets » qui doivent être présents et utilisés dans l’environnement de l’enfant, informations qui contribueront à la construction de ses langages qui devront pouvoir leur donner du sens, les intégrer et les utiliser. L’exemple qu’il reprend souvent, c’est l’apprentissage de la parole par les jeunes enfants dans l’entité qu’est la famille. L’école doit donc être pour lui une entité, « un système vivant » qui utilise différents langages pour sa propre vie, contribuant ainsi par interaction et rétroaction à la construction des langages de chaque enfant et à leur appropriation des langues. Le rôle de l’enseignant, architecte et pilote d’un système vivant, est alors profondément modifié. Les apprentissages se font donc dans la complexité dont il faut permettre les conditions au lieu de vouloir vainement en connaître, en maîtriser et en conduire les processus. JPEG - 55.6 ko
Bernard COLLOT a repris le concept de « simplexité » de Alain BERTHOZ : « La simplexité, telle je l’entends, est l’ensemble des solutions trouvées par les organismes vivants pour que, malgré la complexité des processus naturels, le cerveau puisse préparer l’acte et en projeter les conséquences. Ces solutions sont des principes simplificateurs qui permettent de traiter des informations ou des situations, en tenant compte de l’expérience passée et en anticipant l’avenir ». Les solutions d’une école de 3ème type sont ainsi simplexes, « ce sont de nouvelles façons de poser les problèmes, parfois au prix de quelques détours, pour arriver à des actions plus rapides, plus élégantes, plus efficaces ». Alain BERTHOZ. Bernard COLLOT a organisé son ouvrage sous la forme d’un abécédaire. Chaque chapitre pouvant être une entrée… « simplexe ! » pour rentrer dans ce qu’il pense être un nouveau paradigme éducatif.

Site Internet

Site des CREPSC

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Autres ouvrages :
- « Une école du 3ème type ou la pédagogie de la mouche », éditions l’Harmattan, 2003.
- « Du taylorisme scolaire à un système éducatif vivant », éditions Odilon, 2005.
- « Les petites structures hétérogènes rurales, sources de structures dissipatives », in « Géographies de l’école rurale. Acteurs, réseaux, territoires », ouvrage collectif sous la direction de Y. JEAN, éditions Ophrys, 2007.


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