" Paroles d’enfants,
paroles d’élèves "
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La parole comme outil d’expression de soi : expression
dramatique théâtre, lecture à voix haute, moments
" philos ", " Quoi de neuf ", moments
" points de vue ", moments psycho.
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La parole comme outil de médiation, de socialisation :
moments débats, gestion des conflits en groupe, réunions de classe (cf heures de vie de classe), conseils d’école élèves,
travaux en commissions.
·
La parole comme outil d’apprentissage : le tutorat et
l’entraide, l’entretien du matin et les projets d’apprentissage, la démarche
scientifique, l’autoévaluation, les moments " bilan de fin de
journée ", les comités de lecture…
...
des ouvrages :
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Dossiers coopératifs
N°4 |
Dossiers
coopératifs N°5 |
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L'oral la grande affaire de l'école ·
L'apport de la recherche ·
La personne ·
Le Citoyen ·
L'enfant créatif ·
Pour une culture de l'oral |
·
L'apprenant ·
Les activités spécifiques ·
Ces enfants qui ne parlent pas |
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PAROLE
d'ENFANTS
La parole
comme outil d’expression, de médiation et d’apprentissage. Tel était le thème
développé au congrès 2002 de l’O.C.C.E qui s’est déroulé à Arras en juin
dernier.
Philippe
MEIRIEU (IUFM de Lyon), lors de sa conférence sur "la parole outil
d’expression de soi " nous dit :
·
La parole n’est pas le langage (et inversement), elle ne se
limite pas à lui, elle est plus vaste.
·
La parole est la capacité de parler de quelque chose. Pour
prendre partie, débattre et grandir, il faut au préalable des objets, des
textes, des sujets sur lesquels s’exprimer.
·
La parole se construit sous forme de narration, de récit. C’est
la capacité de transformer les faits en événements qui ont un sens pour moi.
Elle se construit avec tous ces "petits " mots (donc, mais,
alors…) qui ordonnent les événements. Un certain nombre d’enfants rencontrent
aujourd’hui des difficultés à libérer la parole, à raconter une histoire, à
ordonner les faits, car leur langage est haché, désarticulé.
·
La parole est accès au symbolique (contraire de l’imaginaire.)
Elle permet à l’enfant de dire son intériorité, de nommer ses peurs pour mieux
les apprivoiser. Elle met à distance ses pulsions. (ce qui est interdit, ce
n’est pas de dire ou d’avoir envie de faire disparaître quelqu’un, c’est de le
faire.)
·
Le contraire de la parole n’est pas le silence
mais "l’obscénité " quand tout est dit, sans plus rien à
cacher. Parler, c’est accepter qu’il y ait des choses dont on ne peut pas
parler. Il ne faut pas confondre la virtuosité de la parole et son
authenticité. Il faut parfois se taire pour mieux se faire comprendre de
l’autre (le silence, les blancs, bégaiements font partie de la parole).
·
La parole est une prise de pouvoir, mais aussi la capacité de
renonciation à la toute puissance. Parler avec soi, avec l’autre pour engager
le dialogue. La classe est le lieu où le rapport humain public se place au-delà
de la personne privée. La laïcité c’est pouvoir se retrouver, travailler avec
l’autre quelles que soient les différences.
·
La parole est accès au politique. Il s’agit, dans la démocratie
de ne pas renoncer à nos intérêts individuels légitimes mais de les mettre en
débat pour construire du bien commun. L’enfant ne naît pas citoyen, il le
devient.
·
La parole est accès à l’universalité, à l’humanité. Elle est
exigeante car il faut habiter ce que l’on dit, arriver à la parole juste pour
qu’elle soit entendue.
·
La parole, pour être signifiante, doit être la mise en jeu d’une
liberté. Il faut donc créer les circonstances qui permettent de prendre un
risque et mettre en jeu sa liberté pour apprendre : dire les choses sans
savoir les dire pour apprendre à les dire, comme on fait les choses sans savoir
les faire pour apprendre à les faire.
PARLER
C’EST ETRE dès lors que la parole ne se limite pas aux bavardages et aux
récitations.
Claire Penet - animatrice départementale
DES MOMENTS DE LANGAGE
DIFFÉRENTS A L’ÉCOLE
Quelles
activités vont dans ce sens à l’école ? Les activités de structuration du
langage ont certes leur place, mais comment prendre en compte toutes les
dimensions développées ci dessus ?
La première
remarque à faire est que l’école prend surtout en compte l’aspect cognitif
du langage (dire ce que l’on sait, parler pour montrer qu’on sait parler).
Or, si
l’élève ne sait pas grand chose du sujet dont on parle, ou s’il se rend compte
qu’il ne possède pas le langage qui a cours à l’école, il sera mal à l’aise et
en difficulté pour apprendre, il sera "l’enfant qui n’a pas sa place ",
l’enfant muet.
Quant à
d’autres, qui sont performants dans les activités dites scolaires et dans leur
milieu familial, peut-être auront-ils un langage inadapté dans la vraie vie,
celle où il est nécessaire d’entendre les autres.
Il est donc intéressant
de trouver des situations de langage différent. Jacques Lévine
distingue 3 autres langages en dehors de ce langage cognitif. ( voir A&E n° 161/166/169/170)
·
Le langage relationnel : dire ce que l’on pense, veut, … le
langage comme outil de médiation sociale, de socialisation,
·
Le langage des passions et des talents : dire ce que l’on
aime, ce qui nous touche,… le langage comme expression de soi,
·
Le langage réalisationnel : dire
pour faire, prévoir, projeter, produire, le langage comme outil
d’apprentissage.
Il faut donc
créer des moments où l’élève - et l’enseignant- puissent parler pour dire ce
qu’ils pensent, veulent, aiment,…. Tout ceci ne signifie pas qu’il faut
abandonner les moments de "structuration du langage ", pour
mieux parler, mais ceux ci seront d’autant plus efficaces si, comme nous a dit Mérieu, les enfants ont auparavant la possibilité de parler
vraiment de quelque chose à quelqu’un.
Il est aussi
utile que l’enseignant "s’évalue " par rapport à son propre
langage :
·
comparer la façon dont je m’adresse à mes propres enfants,
neveux,… et à mes élèves, (tu parles comme une instit disait la fille d’une
amie à sa mère),
·
répertorier quand, dans la classe, je pose des fausses questions
à un élève, c’est à dire celles dont je connais la réponse (et alors seuls les
élèves qui rentrent dans le jeu de l’école vont chercher la réponse),
·
à quel moment je dis ce que je pense, je dis ce que j’aime et à
quel sujet,
·
et pourquoi ne pas s’enregistrer en classe !
LE LANGAGE COMME OUTIL D’EXPRESSION DE
SOI
Parler
d’objets que l’on aime (dessins, enregistrements de chants, tricots, bricolage,
…) :
·
Apporter un objet que l’on a réalisé dont on est fier, dire son
histoire, pourquoi on aimerait qu’il soit exposé dans une "salle
d’exposition des talents " par exemple.
·
Faire écouter notre chanson (histoire, …) préférée et, en 5 mn,
dire pourquoi on l’aime
Le moment
"raconte " : des contes, des poésies, des histoires, des
histoires drôles, … dits par un élève, un conteur, une maîtresse, un parent, un
grand frère, …
Des séances
d’expression et de jeu dramatique à partir d’histoires lues vécues ou créées,
voire une production théâtrale.
Conférences
d’enfants (ex : la pêche) sur des sujets qui leur tiennent à cœur.
Moments
philo
Avec
prolongement écrit
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Le Bêtisier
·
le Cahier de Vie, Le Cahier Personnel, le Journal Intime
·
Le Journal d’école, ou de classe, ou de cycle (quoi de neuf, à
l’école, dans la famille, dans le quartier, ?
avec ensuite passage à l’écrit, dictée à l’adulte chez les petits)
LE
LANGAGE COMME OUTIL DE MÉDIATION et DE SOCIALISATION
·
Au quotidien dans la classe :
aller demander quelque chose hors la classe
répondre au téléphone
répondre à la place de la maîtresse dans le cadre de responsabilités établies ensemble
activité à 2, tutorat ou entraide, travail en mini groupes, …
·
La radio d’école : tous les jours, un groupe d’enfants
recueille les nouvelles des classes, des élèves, et à heure fixe une mini
émission est diffusée dans toutes les classes
·
Les réunions d’élèves (coopérative, citoyenne, conseil
participatif, …) :
on parle de l’école
on décide de
projets de vie, (règles de vie, organisation de la classe, de l’école)
de projets de réalisation (sortie, décoration de la classe,...)
de projets d’apprentissage (contenu et organisation)
on règle des conflits, des dysfonctionnements
·
les moments de bilan : on parle de ce qu’on a appris,
ce qu’on a vécu, ce qui était difficile, facile, comment on s’y est pris pour
s’en sortir….
LE LANGAGE POUR APPRENDRE A ÉCRIRE
Le Pense Bête
(par les enfants)
·
Fiches d’Ateliers (ce qu’il faut y faire), de fiches d’aide pour
un travail, fiches d’aide … pour aider (le contrat de tutorat, la charte de
l’entraide : cf ouvrages de l’édition La Chenelière) crées avec les enfants
·
Affiches, tableaux d’information au niveau de la classe, l’école
créés avec les enfants
·
Fichiers de bibliothèque : " Mes
préférences ", créés avec ou sans fiches guides, fiches de cuisine,
bricolage, …réalisées avec les enfants
·
Mini Exposés préparés à 2 (en 3 à 10 minutes selon l’âge des
enfants, pas plus)
·
Brevets, Marchés et Arbres des Connaissances ou des
Compétences…. (prochain article)
·
Le langage dans la démarche coopérative d’apprentissage
(exprimer ses idées, confronter, argumenter, synthétiser et décider, organiser,
co évaluer)
·
Le langage dans la démarche scientifique (exprimer ses
représentations et confronter, émettre des hypothèses et trouver des stratégies
pour les vérifier, conclure.
Cette liste
n’est bien sûr pas exhaustive et attend de vous d’être complétée !
Lysiane
Julien - animatrice départementale 51