Publié : 14 janvier 2013

Sciences, comment relancer l’intérêt des jeunes ?

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La Science se porte bien, merci ! Si, si ! Une grande majorité des lycéens continue à demander la section « S », le nombre d’ingénieurs français recrutés dans le monde a crû de 25 % en 2011 [1] ; les savoirs, grâce aux recherches scientifiques et techniques, ne cessent d’évoluer… Pourtant… pourtant… !
Des études montrent qu’au sein de la population en général, l’acquisition de compétences scientifiques ou technologiques, désormais essentielles aux activités quotidiennes, est soumise à une menace grandissante [2]. Etudes ou rapports multiplient, ces dernières années, les alertes sur le déclin inquiétant de l’engagement des jeunes bacheliers et, plus encore, bachelières « S » dans les filières scientifiques et mathématiques. Si cette tendance se poursuit, c’est la capacité d’innovation à long terme de la France (mais le phénomène touche toute l’Europe) et la qualité de la recherche qui seront en danger.

L’origine du déclin ? Une des raisons serait la transformation de la filière scientifique en classe d’élites. Ce changement social a conduit à dénaturer l’enseignement scientifique pour en faire un instrument de sélection pour bon élève. L’autre raison majeure, liée à la précédente, réside dans les méthodes d’enseignement trop théoriques qui renverraient l’image d’un apprentissage rébarbatif et complexe.

Eh oui, la Science ne s’apprend pas dans les manuels scolaires ! Elle s’expérimente, se questionne, se raisonne. Ses moteurs sont la curiosité, l’envie de comprendre et l’imagination. La démarche d’investigation raisonnée, plébiscitée par les experts et les acteurs et praticiens de l’éducation s’exprimant dans ce dossier, n’est certes pas nouvelle mais elle est propre à développer le goût des sciences, éveiller la curiosité, donner la soif de comprendre le monde. Mise en oeuvre par Célestin Freinet et les praticiens de la pédagogie coopérative, elle a été développée à plus grande échelle à l’école primaire, puis au collège grâce à l’opération « La main à la pâte » [3]. Le Plan pour les sciences et les technologies à l’École, lancé par le ministère en 2011, la généralise à l’école primaire, à toutes les classes avec une priorité au cycle 3, et appelle à la développer au collège dans le cadre d’un enseignement intégré de Science et Technologie.

Cette méthode invite l’enseignant(e) à guider les élèves sans faire à leur place, à susciter, chez eux, des questionnements plutôt que de leur apporter des réponses. Les livres sont pleins de réponses ! Encore faut-il que les professeur(e)s soient accompagné(e)s dans ce projet, formé(e)s à cette démarche et que cette formation leur permette de vivre la Science pour mieux l’enseigner.

Marie-France Rachédi

[1] in 23ème enquête socioprofessionnelle sur la situation des ingénieurs, mars et avril 2012, Observatoire des ingénieurs et scientifiques de France. http://enquete.cnisf.org

[2] L’enseignement scientifique aujourd’hui, une pédagogie renouvelée pour l’avenir de l’Europe, Rapport du Groupe de haut niveau sur l’enseignement scientifique, commission européenne, 2007.

[3] Lancée en 1996, à l’initiative de Georges Charpak, par trois membres de l’Académie des sciences soucieux de diffuser une culture scientifique et technique de qualité à un public large.

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